Et si la vie en solitude a encore un rythme ; il est la lenteur du geste et la vivacité de l’esprit

C’était un rythme collé sur le mien,

Au grès des analogies et des pesanteurs

Eau en stagnation dont on aimerait évider l’évier quand la vie commence à y germer. C’est pourtant là, ou cœur et pensées putrides des regrets des mots qui bloquent la gorge et des relents agités en tornades dans un crâne enfermé que naissent les réflexions bonnes à être vomies à d’autres oreilles. Je rêve d’un monde où le langage serait communication entre solitudes et non partages en jeu de rôles.

J’ai fermé depuis bien longtemps la porte qui mène à l’autre et quand j’ouvre pour aérer je jette un flot d’odeurs putrides à l’interlocuteur. Mauvaise oracle, ils préfèreraient se boucher les oreilles et la machine à réfléchir avec. Que les critiques se taisent que les pensées se toisent et se traduisent avant de passer de bouches putrides à oreilles pures, de gorges infectent à crânes affectés. On te dit de t’exprimer puis quand tu parles c’est toujours trop. Mauvais usages du diction-nerfs. Raccourcis émotions-expression qui fait tout disjoncter, les liens coupés et puis ça y est on a mis tout le monde désaccord. Et si le message c’est le médium : voix trop criarde pensée confidentielle il faut apprendre à se montrer sous son meilleur joug. Mets le pensée en pixel et tout ira, apparait plus face caméra. J’ai finis par comprendre que l’époque est à l’épique : ce qui n’est pas visible n’existe pas. Alors il faudrait que je midinette, que je pense audimat. Le non-visible n’existe plus. C’est que l’image aujourd’hui est un grand bruit les yeux fermés c’est le silence. Tout ce qui encore n’apparait pas n’existe plus. Ou juste dans le cimetière des corps morts nés, des non-pixels, des invisibilités. J’ai erré dans ce cimetière où l’on rôde entre transparences à regarder les signes qui nous parviennent. Témoins passifs d’un déhanché de pixels incessant qu’on ne peut quitter de l’œil. On voudrait tous vivre au dehors et croire que l’invisible n’est pas la mort = là par défis et pas par défaut = pour mettre les visibles en porte-à-faux. C’est la désertion qu’on cherche à provoquer, la terre est pixel asséché. Mais ce qui n’est pas visible n’existe pas.

Si le message c’est le médium, le mensonge c’est le moyen qui s’auto-justifie. Je suis, j’existe et j’exige ma parcelle pixellaire et qu’on y appose mon nom et qu’on le baptise mon univers, je veux circuler de pouce en pouce être caressée par toutes empreintes digitales de terre et terre coloniser la racine de ton nerf oculaire. Puissance occulte et acculé accumulée ramification de mes amitiés.



LES OMBRES



Le non-visible n’existe plus et les marches à l’ombre marchent seules en mémoire des regards perdus une minute d’obscurité en mémoire des images invisibles la lumière est mal projetée. Le non-visible n’existe plus pour vivre heureux vivons brandés.