Diplômée en Sciences Sociales, ma pratique artistique est autodidacte et impulsive : je mêle les formes musicales, poétiques, audiovisuelles et photographiques pour m’intéresser à la situation des corps organiques et pulsionnels aux prises avec les nouvelles technologies. Ces dernières sont abordées dans mon travail comme des forces de transformation des corps qui constituent dans le même temps des opportunités pour une démocratisation du geste créatif. Je cherche à questionner les conséquences de cette hybridation sur la corporéité, le genre, les pulsions et les sexualités. Étudiante à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) au sein de laquelle je travaille de manière théorique et artistique sur les multiples usages du corps, j’aspire à donner forme sensible à des questionnements de philosophie et de sciences humaines.

Ma pratique est motivée par divers partis-pris politiques : au niveau textuel mais aussi en lien avec mon processus de création. Mes productions DIY sont placées sous le signe d’une économie de moyen. J’ai souvent recours à l’image d’archive dans une volonté de frugalité mais aussi par intérêt pour la prolifération médiatique et les infinies déjections d’images qu’elle laisse dans sa traîne.

Les multiples manières de faire circuler des idées et principalement du texte - à travers l’écriture de chansons/rap ou l’insertion de voix off dans mes films – ainsi que la possibilité de créer de manière impulsive et instantanée, sont des leitmotivs dans ma démarche. Si cette dernière se décline en vidéo, en photographie, en recherche universitaire et journalistique ainsi qu’en musique, c’est pour mieux aborder sous différents regards les questions de corporéités, de genre, de sexualité et d’intimité en articulation avec les rapports de domination et d’hybridation technologique.


Mark Julia Maura